Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /Août /2009 12:38

 

 

Une théorie satisfaisante pour l'esprit consisterait à considérer l'existence en admettant pour juste la définition de Nabokov: "Un éclair de lumière entre deux éternités de ténèbres".

Dans la mesure où nul d’entre nous ne dispose de souvenirs d’ordre " prénatal ", on peut supputer que, post-mortem, l'Homme reprend l'état de non-existence qui était le sien  avant conception.

L’humain serait une manifestation comme une autre de "la nature".

Son délai de vie lui serait imparti comme à chaque vivant existant sur cette planète, et sur d'autres, nous n’en  savons encore rien.

Il faudrait admettre que tout ce qui touche au mental, et au spirituel n'est que fonctionnalité comme une autre, d’un  organe: Le cerveau.

L'humain, sur sa planète, ne se différencie des autres vivants que par cette fonctionnalité cérébrale:

La pensée.

Encore que, si l'Homme est sûr qu'il pense, il déduit peut-être un peu vite que les autres formes de vivant qui l'accompagnent ne pensent pas, elles.

La pensée permet à l'Homme toute une gamme d'actions en apparence non permises aux autres vivants.

L'Homme est capable d'apprendre, de se souvenir, de déduire, de transmettre ce qu'il a appris à ses semblables, tant sous la forme directe de l'oral, que sous des formes plus durables, en usant de supports physiques divers.

La notion de tradition, au sens propre, revêt une grande importance, pour différencier l'espèce humaine des autres vivants.

Il est exact que l'humain a su mener une action suivie inter-générations.

La conscience, au premier niveau, que l'humain a de lui-même, en tant qu’espèce l'amène à une conduite qui intègre le facteur temporel bien au delà de l’unité de durée de vie primaire qui est la sienne.

Quelle que puisse être l'orientation de son intention, l'humain considère le futur en tenant relativement pour acquis que ses descendants constituent une sorte de projection de lui-même dans l'avenir, ce dont, à certains égards, il se soucie.

Dans l'autre sens, la mémoire et la tradition amènent l'humain à considérer le passé en tant que facteur opérationnel de son présent actif.

La pensée est donc un attribut de l'humain permettant à chaque individu de jouir de l'étrange faculté d'exister dans un certain " aujourd'hui ", tout en intégrant des données plus ou moins fiables en provenance " d’hier " et des concepts basés sur " demain " .

L’Homme a beau dominer, dans une certaine mesure, le concept temporel, mentalement, et savoir que sa durée fonctionnelle individuelle est limitée, il se conduit comme s’il existait dans une plage de durée très sensiblement supérieure.

Le " passé "  et " l'avenir " , l’un déterminé une fois pour toutes, l’autre sujet à fluctuations par causalité lui sont des notions de base.

L’individualiste le plus forcené est contraint à ce mode de fonctionnement, faisant de lui à tout moment, à la fois un individu, ce qui le satisfait au plan de l'ego unique, mais aussi la composante d'un ensemble plus vaste, auquel il ne peut qu'appartenir, même s'il entend, artificiellement et volontaristement, récuser le lien collatéral avec ses contemporains.

Même l'individualiste n'ayant engendré aucune descendance, s'il veut rompre avec le futur de l'espèce, ne peut briser la chaîne temporelle qui l'a fait exister:

Il a des ancêtres, ne lui en déplaise.

C'est la dimension temps qui donne à l'humain, encore plus que le facteur nombre, sa dimension sociale.

Il est impossible de se prétendre né spontanément, en foi de quoi, un lien indestructible unit chacun de nous à d'autres entités individuelles de l' espèce:

Les " ancêtres "

L'humain vit dans un système quadri dimensionnel, qu'il veuille en prendre conscience ou non.

Le fait que l’individu puisse se mouvoir dans les trois dimensions de l'espace par lui-même, sur le plan unitaire, lui occulte souvent le concept de la dimension temps, qu'il ne perçoit que fragmentairement.

En matière de management direct du facteur temporel, l'Homme individuel en est réduit à s'auto-étalonner mentalement, à l'aide d’artefacts comme chronomètres et calendriers, en inventant des échelles de mesure relative, à partir de l'observation de certains cycles physiques qui lui sont perceptibles:

Le mouvement de la planète, relativement aux corps célestes qui l'entourent, par exemple.

Cette appréhension du facteur temps est certes, sur un plan de réalité perçue au quotidien, utile à certaines actions: Il faut arriver à la gare avant l'heure de départ du train, mais cela veut-il dire que le temps soit une denrée limitée à ce genre d'usage ?

Je ne le crois pas.

Les étalons de mesure de la durée dont nous usons, et que nous avons élaborés sont des instruments " locaux "  dirais-je, en aucun cas je ne les considère comme des valeurs absolues.

La notion de durée, pour l'humain, est appréhendée dans le seul sens du déroulement de la phase consciente de la durée de vie.


L'on a observé que l'individu, en moyenne, voit s'écouler tant de cycles solaires entre sa naissance biologique et sa mort.

De nombreux facteurs donnent à cette durée de vie des fluctuations importantes.

La notion de "génération "  n'est pas une mesure invariable.

On peut, grâce à la tradition fixée dans la matière (archives) tenir présent au conscient un certain nombre de faits issus du temps " amont " , et en élaborer une projection visant à subodorer  " l'aval "

En fait, le facteur temporel, de nos jours encore, est très mal cerné.

Si l'on tient en compte le cycle solaire comme repère principal, nous servant à compter ce que l'on nomme des " années " , et que l'on y intègre la révolution planétaire pour subdiviser cette unité en " jours " , on obtient un système de repérage apparemment suffisant pour évaluer les événements locaux de notre vie.

Mais qu’en est-il au juste de ces mesures, si on veut les considérer dans les doubles perspectives que sont le lointain " avant "  et le non moins lointain " après "  que l'on peut appréhender par la pensée ?

Est-on certain que le cycle solaire est invariable dans sa vitesse depuis que le soleil existe.

Qu'est-ce que la vitesse en l'absence d'une référence spatio-temporelle fixe? De même pour la révolution planétaire.

Comment peut on savoir si les révolutions de notre planète sur son orbite solaire et sur elle-même s'effectuent depuis toujours selon une vitesse constante? par rapport à quel point de référence ces éléments peuvent-ils êtres mesurés?

Pourquoi ne seraient-ils pas fluctuants ?

Si l'on ignore la consistance exacte du facteur temps, pourquoi ne pas supputer que, en fonction de fluctuations non mesurables par l'Homme, des mouvements cosmiques, j’entends par " mouvements "  des déplacements relatifs de corps physiques, les uns par rapport aux autres, le " volume "  temporel qui fut occupé par certaines générations n'a pas été le même, dans l'absolu, que celui dans lequel nous nous trouvons actuellement.

Supposons l’existence de plusieurs humains ayant vécu très exactement un siècle. Le siècle en question étant constitué de cent révolutions de la planète Terre autour de son soleil.

Si l'on veut admettre qu'à un moment donné du passé de l'histoire du monde, la vitesse de révolution de notre planète sur son orbite solaire, exprimée en mesure humaine, disons " kilomètres-heure "  (pauvre mesure, à l'échelle cosmique, mais posons un paramètre simpliste pour notre réflexion) ait été de N, le centenaire qui a vécu lors d'une vitesse de N-1 a dans l'absolu, duré autrement que le centenaire ayant lui existé lors d'une époque à vitesse N+1.

Dans quelle mesure ces fluctuations existent-elles ? Sur quoi peut on se baser pour affirmer qu'elles n'existent pas ?

Le " volume temporel "  d'une séquence d'existence, quelle qu'elle soit, n'est pas obligatoirement homogène. Tout est relatif.

Dans cet ordre d'idées, n'étant pas établi que la vitesse relative des corps en mouvement différentiel dans le cosmos est constante, le facteur temps, qui est une composante fondamentale de l'existence humaine peut très bien être une variable comme une autre du cosmos.

(Einstein a mis en évidence la relativité du temps)

En conséquence, certains de nos semblables ont pu vivre, en un nombre d’années supposé égal, un volume de temps très différent de celui qu'ont vécu d'autres, sans qu'il ait été possible de s'en rendre compte.

La durée de vie biologique est apparemment synchronisée sur une quantité perceptible de révolutions solaires. Cela n'est pas une mesure cosmique, tant s'en faut.


Du plus loin que l'on puisse scruter le passé, par la tradition, on croit se souvenir que la durée de la vie humaine, exprimée en cycles solaires, nous est connue, dans des limites de fluctuation relativement faibles.

 

C'est un renseignement fragile et sujet à caution sur le long terme.

Il est fait référence, dans des écrits notoires comme la Bible, à un certain " Mathusalem " , humain dont la durée de vie aurait été très notablement supérieure à la moyenne de  l’époque...

Qu’était-ce au juste?

Rien n'oblige à estimer comme intangible que la durée de vie de l'humain ait toujours été et soit destinée à toujours être contenue dans la centaine de cycles solaires.

Les efforts de la technologie contemporaine, en vue d’allonger la durée de l'espérance de vie de l'individu me paraissent être des efforts  particulièrement locaux à un écosystème déterminé par des causes extérieures spatio-temporelles encore inconnues.

Que donnerait, dans l'absolu, une durée de vie de deux cents cycles solaires, si des cycles futurs en venaient à " mesurer "  cinquante pour cent de ces mêmes cycles passés ?

Même les horloges atomiques, qui permettent une évaluation temporelle fondée sur les propriétés physiques de corps naturels existant sur notre planète, ne permettent pas de préjuger de leur intégrité cosmique absolue.

Le temps est une notion mal appréhendée, mais bel et bien relative, en tous cas, estimée depuis les réalités perceptibles à l'humain.

Dans ce contexte, l'humain qui se pose les questions fondamentales de ses origines et de sa destinée, au sens propre, dispose de peu de repères, mais ne doit pas se limiter à considérer le seul cas de l'individu.

Chacun d'entre nous n'est sûr que d'un petit nombre de choses: Il est l'actuel représentant d'une longue lignée passée. Il ne détermine  en aucun cas  à lui seul aucun des devenirs de l'espèce.


L'importance déterminante d’un individu n’a de sens que rapportée aux tenants temporels de l'espèce, et appréhendée dans la globalité de l'intégralité du nombre de celle-ci.

Dans tous les cas, le contextuel prime sur l’individuel.

 

Si l'on ient à comparer l'individu, nième composante de l'espèce, à la cellule en tant que composante du corps humain, on peut se dire que la destruction d’un groupe de cellules entrant dans la composition de la jambe aura des conséquences moins importantes que la destruction d'un même nombre de cellules fonctionnant dans le cerveau, pour la globalité de l'être.


Pourtant, nonobstant leur localisation et leur spécialisation, les cellules cérébrales ne sont pas fondamentalement différentes des cellules des membres antérieurs, m'ont dit les médecins.

Chacun se trouve, tout à la fois être sans grande importance, et peut, à tout moment, en fonction du contexte, devenir l'instrument (non la cause) de vastes conséquences.

J'ai dit " fonction du contexte " .

De ce contexte, il y a lieu de retenir la quatrième dimension.

Des gens sont morts de la rage avant Pasteur, qui, nés plus tard, auraient duré plus longtemps, et eussent pu être du nombre des " instruments "  ayant changé le destin du monde.

Pure spéculation. Paradoxe apparent.

Le " temps "  est une composante du monde tout aussi déterminante, ni plus, ni moins, que la matière.

Pour revenir à l'idée d'entrée de notre réflexion, si " la vie "  de l'individu n'est qu'un éclair différencié dans l’océan du temps, portant chacun au conscient pour une période relative à tout le reste de la réalité, peut-on croire que la vie de chacun apparaisse, existe et disparaisse à jamais sans qu'il ne reste rien de chaque individu?

Troublante question en vérité, à propos de laquelle nous sommes réduits aux conjectures.

Tentons d'élargir notre angle de vue en deçà et au delà de la " durée de vie " , prise stricto sensu.

Nous avons déjà dit que chacun, non content d'exister pour la durée de son présent, existe simultanément dans son propre passé, par le jeu de la mémoire, de la tradition et de la filiation.

On peut fixer les idées par une image: L'individu ne serait pas une entité isolée et   " sphérique "  dans ses contours.

Il serait la proue d'un long et ténu filament issu d'un lointain rivage: Le passé, en route pour un non moins lointain autre rivage: Le futur.

La succession des générations étant le fil qui relie l'origine à la fin des temps.

Nous parlons d'origine et de fin, ce qui consiste pratiquement à nier l'éternité.

En fait, il n'est pas question de cela: Rien n'indique que l'espèce humaine existe depuis un " volume de temps " bien considérable, et rien n'indique non plus qu'elle durera encore indéfiniment.

L'éternité constitue la globalité du temps. C'est un concept aussi délicat à cerner mentalement que l'infini.

La mathématique cerne l'infini en lui attribuant un symbole. L'origine et la fin d'un cercle sont arbitrairement désignés parce que confondus. Le zéro et l'infini se touchent.

Il faudrait, pour se " dater "  universellement, supputer à partir de l'éternité.

C'est peut-être possible par un subterfuge mental, conventionnel.

Nous dirons que le présent est la demi-somme  de l'origine et de l'infini:

Origine plus infini sur deux. Cela fait formule mathématique, virgule flottante.

Dans ce concept, notre conscient se situe au centre du passé et de l'avenir. Comme l'on se meut dans l'éternité, on peut admettre que le passé éternel nous a précédé dans la même mesure que l'avenir éternel nous attend.

Comme il en va de même pour chacun, le zéro relatif se meut à la vitesse universelle, et représente toujours la moitié de la consommation temporelle, faute de mieux.

Par le truchement de cet artifice, on peut mieux se repérer, et s'élaborer une représentation sub-mesurable, en matière temporelle, des dimensions du cosmos, et d'y rapporter l'espèce humaine, l'histoire de son vécu à laquelle tous participent, la notion d'individu, la potentialité virtuelle d'existence multi-temporelle de l'individu.

Il est clair que l'individu est plus cellule qu'ego. L'espèce seule passe la barrière du temps dans des proportions pouvant déterminer des effets à l'échelle universelle.

Si, d'aventure, un jour, notre planète volait en éclats à la suite d'un holocauste thermonucléaire, viral ou autre, et qu'il s'en suive une modification notable du système solaire, entraînant des variations, à quelque niveau que ce soit, dans la galaxie, en termes de suivi temporel, c'est l'espèce humaine qui en serait la cause, et nul individu en particulier.

Il faudrait même, dans ce cas, dire que c'est " l'histoire de l'espèce "  qui est la cause, c'est à dire la synthèse des éléments physiques ayant joué, et du facteur temps, partie prenante de " l’œuvre ", sans le volume duquel rien n'eût eu lieu.

Souvent, nous sommes d’abominables égocentriques, ce qui fait de nous d’incorrigibles myopes.

Nous venons de parler tour à tour de l'éternité, de l'infini, du cosmos, de l'univers et de l’espèce humaine. C'est quand même bien présomptueux.

En foi de quoi l'espèce humaine devrait-elle jouer un rôle déterminant dans l’univers? Aucune réponse irréfutable n’existe à ce jour à une telle question.


S'il est plausible de croire que l’Homme commence, depuis peu, mais vu sous l'angle de l'histoire de l'espèce, c'est logique, à produire des effets notables sur son biotope, sans qualifier ces effets, rien ne nous permet de penser qu'il est le seul à le faire, et que d'autres espèces ne l'ont pas fait avant lui.

Rien ne permet de penser non plus que des mécanismes naturels ne sont pas présents, quoique pas encore révélés à l'Homme pour n'avoir pas eu encore à agir, qui vont réguler et compenser l'action humaine de diverses manières.

On ne connaît pas tous les ressorts de l’écosystème dans lequel on vit.

Des scientifiques m'ont affirmé que le microbe responsable de la peste a une durée de vie incommensurable, qu'il ne " meurt "  jamais, au sens biologique, comme meurt l'humain, et qu'il existe toujours sur la planète, depuis des unités de mesure de générations humaines immémoriales.

Qui peut dire qu'il ne se réveillera jamais pour balayer l'humain une bonne fois pour toutes de la surface de la planète, laissant se poursuivre la saga d'autres espèces?

Qui peut dire qu'un fléau (pour nous) d'origine microbienne ou virale ne va pas se lever spontanément, et avoir raison de nous et de nos prétentions ?

Qui peut prouver que l'Homme se trouve être, en vérité, l'espèce majeure de la planète?

 

Il existe des vivants dont l'espèce est d'origine, dans le temps, bien antérieure à la nôtre, et dont l'unité temporelle de durée de vie de l'individu réduit la nôtre à celle d'un papillon par comparaison.

Pour regarder le monde, et tenter de comprendre notre existence, il serait bon de chausser des lunettes psychologiques suffisamment puissantes, pour entrevoir l'environnement dans ses quatre dimensions.

Rapporté à tout ceci, l'individu humain est une composante comme une autre de l'univers, qui n'a ni plus, ni moins d'importance qu'un caillou, vu d’" ailleurs " , mais qui revêt aux yeux de chacun, une importance de " cent pour cent " , si je puis dire, et c'est compréhensible.

Il est difficile de limiter notre opinion, quant à l'individu que nous sommes, au cycle sec naissance-mort. Notre structure mentale nous porte à chercher des tenants et des aboutissants plus vastes.

Nous avons vu que nous sommes le produit du passé et le catalyseur de l'avenir.

Faut-il croire que notre ego passe la main à ses successeurs définitivement, le jour de notre mort ?

On aimerait espérer, et les religions nous proposent à ce sujet des leurres en tous genres, que l'au-delà de la mort biologique nous laissera une sorte d'existence à plus long terme.

 

Rien ne me permet de le croire. Rien, bien entendu, ne nous prouve l'inverse. Pourtant, une réflexion approfondie, par analogie notamment, avec des phénomènes physiques, m’amènerait à pencher pour la théorie du néant post mortem pur et simple.

Le concept spirituel et  la notion de l'âme ne me paraissent pas suffisants pour franchir les barrières temporelles.

Je comparerai le mental de l'Homme, à l'intérieur de l’espèce, aux forces de gravitation qui maintiennent le mouvement atomique et le mouvement moléculaire.

La pensée est un rayonnement produit par l’être, ce qui fait de lui un principe actif dans l'espèce.

Les ponts temporels que permet la pensée (mémoire, archives, tradition) sont le ciment prévu par une macro génétique au niveau espèce, destinée à engendrer la pérennité de celle-ci dans sa forme.

L'espèce est ainsi conformée, elle est un maillon dans une vaste écologie, se trouve être le prédateur d’autres espèces, et a ses propres prédateurs.

Je ne vois en tout ceci aucun lien avec aucune puissance supérieure individualisable, si ce n'est la globalité de l'univers dans son ensemble

La vie humaine est une étincelle parmi tant d'autres, dans le grand Tout.

 

On peut concevoir que l’individu, qui nous tient tant à cœur, car, pour notre pensée, il constitue, trop peut-être, mais si souvent, cent pour cent de nos préoccupations, n'a pas des limites aussi abruptes qu'il y paraît, dans le concept temporel.

Nous ne connaissons que bien peu la nature exacte de " l'humanité "  prise dans son sens global.

Nous sommes les humbles maillons d'une grande chaîne, et notre totalité pourrait fort bien représenter une individualité en elle-même.

Cette individualité, bien entendu, nous ne pouvons pas la connaître, l'appréhender directement, et, à fortiori, nous adresser à elle.

La cellule de la jambe, ni celle du cerveau, ne communiquent pas avec l'Homme, quand bien même elles auraient la faculté de s'adresser à leurs semblables.

Une vision élargie de notre espèce peut consister à la considérer comme un grand corps, dont nous serions les composantes, mais qui aurait, lui aussi, son individualité, dans le concert d'un groupe d’existants d'une autre dimension.

L'espèce survit à l'individu, l'individu est la nième composante d'un Tout.

Si grand Tout il y a, dans cet horizon, il y a multiplicité d'êtres à des niveaux divers.

Notre semblable pouvant être notre protagoniste, le Tout que nous contribuons à composer peut, lui aussi, avoir des protagonistes à son échelle.

Il faut encore, dans cette notion d'échelle, raisonner sur au moins quatre dimensions, voire plus.

S' il en était ainsi, l'on pourrait penser que des circonstances dont nous ne pouvons maîtriser ni la survenance, ni le sens, ont lieu dans une dimension autre que celle à laquelle nous appartenons, sans en avoir conscience.

Ainsi, à certains moments de l'histoire, dans le chaos de l'univers, certains individus de notre espèce peuvent se retrouver projetés dans un état dépassant les limites de nos capacités de compréhension, faute de repères.

Cette porte que j'ouvre sur l'inconnu, et que l'on ne peut réfuter qu'à l'aide d'un solide à priori non démontré, peut donner l'espoir que l'absurdité qui nous entoure souvent ne soit qu'un aléa conjoncturel et fort peu significatif de la Vie.

Dans la méga poussière de la fuite du temps, bien loin derrière le zéro relatif de notre présent, ont pu exister des civilisations humaines, ayant laissé des signes et indices tendant à montrer que notre vision des choses de la vie n'est pas obligatoirement l’unique qui vaille et ait valu.

Qui sait si, dans l'avenir, une perception de la Réalité un peu plus élargie que celle d'aujourd’hui n'apportera pas à l’Homme des certitudes en plus grand nombre.

© Georgius Huxwell 1954-2009   (à suivre)
Par Huxwell
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